
Pour faire l'histoire du domaine de Baron, il nous faudrait remonter à une haute antiquité, car le premier seigneur qu'on lui connaisse est Guillaume de Baron, seigneur également de Gavrus et de Mondrainville, etc. Après la descendance de Guillaume de Baron, qu'on retrouve dans les cartulaires de l'abbaye de Sainte-Barbe-en-Auge, en 1190 et 1196, le domaine passa par cession ou par alliance dans les mains de Roger de Gouvis, qui eut pour successeurs Guillaume, son fils et Robert, son petit-fils, seigneurs de Baron et de Mouen. C'est ce Robert qui, nommé en 1204, fut le dernier gouverneur de Caen pour les ducs de Normandie, puisque cette province fut rattachée cette année-là à la couronne de France par Philippe-Auguste. La famille de Gouvis disparaît de la liste des propriétaires de Baron vers 1356. Ici il se produit une lacune qui s'étend jusqu'en 1413 où l'on voit ce domaine possédé par Jean Anzeray, vicomte de Caen au nom du roi d'Angleterre, et époux d'Alix de Cauville, fille de Jean de Courvaudon et de Jeanne Malfilatre de Curcy. Un de leurs fils, Simon nzeray, fut également vicomte de Caen en 1474. Au XVIe siècle, la seigneurie de Baron appartient aux Malfilatre, seigneurs de Curcy; elle était, comme on le voit, passée à des collatéraux. Mais en 1630, un d'eux, Nicolas de Malfilatre, fut poursuivi par ses créanciers, sa terre saisie et vendue. Un riche bourgeois de Caen, Georges Le Sueur, se rendit acquéreur du fief et des armes de Baron. La fille ou petite-fille de celui-ci épousa, en 1665, Louis de Canaye de Brasné, qui, en 1690, fit reconstruire le château, dépense qui le ruina, dit-on. Son fils qui, en 1716, s'était marié avec une demoiselle de Meuves, mourut à Caen, en 1742, sans laisser de postérité. De nombreux procès s'étant élevés au sujet de sa succession, Baron échut définitivement à messire Gédéon de Calmesnil, chevalier, seigneur d'Orval et autres lieux. A la fin du XVIIIe siècle, M. Charles-Gabriel-Gédéon de Calmesnil vendit à M. de Beauregard l'usufruit du château et des fermes de Baron, et mourut en exil. Sa fille Adélaïde-Julienne, épousa M. Alexandre Clouet, et devenue veuve, abandonna a son fils, Édouard-Gédéon Clouet, cette propriété qui, après le décès de celui-ci, fut mise en vente en 1856 par sa veuve et ses enfants et acquise par M. le marquis de Touchet, ancien officier de cavalerie, propriétaire à la fin du XIXe siècle, qui l'a beaucoup améliorée et augmentée.
Le château est situé dans un ravissant vallon s'étendant jusqu'à la rivière l'Odon, au milieu d'un parc clos de murs et planté de magnifiques arbres qui le cachent presque au dehors; un ruisseau circule au milieu du parc. La construction de cette habitation, qui, comme nous l'avons vu, remonte à la fin du XVIIe siècle, ne présente aucun caractère typique. C'est une maison à un étage dont la partie centrale est surmontée d'un fronton triangulaire et qui possède un toit relativement élevé. Deux ailes existaient jadis, avançant quelque peu sur la façade centrale; mais depuis longtemps elles ont disparu. A quelques pas on remarque une grosse tour à créneaux. Près de cette tour vient s'en accoler une plus petite terminée par un toit en poivrière aiguë, avec une rotonde à galerie, à sa partie inférieure. Ce sont les restes de l'ancien château, et cette tour devait former l'angle de deux bâtiments en équerre. Son aspect dénote une construction de la fin du XIVe ou du commencement du XVe siècle. Elle a donc dû être construite par les seigneurs dont le nom est absent dans la liste que nous possédons et être achevée par la famille Anzeray. Elle a subi de nombreuses réparations qui en ont singulièrement modifié la physionomie ancienne; un pavillon mansardé octogone, élevé sur la plate-forme de la tour, et la rotonde à galerie, édifiée à la base de la tourelle pour l'approprier aux exigences de confort actuel, lui donnent l'aspect d'une habitation moderne.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du manoir et de la tour de l'ancien château : inscription par arrêté du 13 février 1975.
château de Baron 14210 Baron-sur-Odon
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Donner votre avis sur ce château