René Le Prestre de Lézonnet effectue d'importants travaux au début du XVIIIe siècle dans sa nouvelle propriété. Il agrandit l'ancien corps de logis ouest en un vaste bâtiment en fond de cour. Les façades sont traitées à la française. De grandes fenêtres sont percées, surmontées de lucarnes à frontons en plein cintre alternant avec des frontons triangulaires. A l'angle nord-ouest du château, là où s'élevait une des tours ruinées, fut construit un grand pavillon avec galerie en bois prenant assise sur l'ancien mâchicoulis. Cette galerie promenade fut même continuée jusqu'à la tour du Cardinal. A l'opposé, à l'angle sud-ouest, l'autre tour en ruine fut abattue, laissant place à l'extrémité du nouveau bâtiment en fond de cour. Pour dégager la perspective vers les parterres et jardins aménagés après l'avant-cour, on supprima tous les restes de fortifications du côté de l'entrée dans la cour d'honneur. Au sud de l'avant-cour, fut édifié un pavillon porche accompagné de part et d'autre de vastes communs et écuries. Ce pavillon d'entrée constituait le seul accès au château.
Peu inquiétée dans les premières années de la Révolution française, la famille finit pourtant par se séparer du château. Dans un premier temps, le donjon et la tour de l'Horloge sont donnés à la commune ; le reste du château est vendu à un marchand de Rennes, Ramé, en mars 1795. Plusieurs appartements y sont alors aménagés et loués. Par le jeu des successions, le château échoit en 1887 aux Renaud, puis en 1913 à Joseph Chudeau, un architecte nantais qui le vend en 1925 au conseiller général Francis Guérault. Donné par ce dernier au Conseil général d'Ille-et-Vilaine en 1926, le château voit disparaître l'année suivante ses écuries, en très mauvais état. En 1929 on projette d'y installer un musée d'art régional. Deux ans plus tard, les quatre tours du château et l'abside de la chapelle sont classés monuments historiques. En 1936, le château dans son ensemble, à l'exception de la chapelle, devient propriété de la commune. L'installation de la mairie dans le château à partir de 1978 permet de sauver d'une ruine certaine les parties non classées du monument redevenu désormais un lieu de pouvoir.
Éléments protégés MH : le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 3 octobre 1929. La tour du Cardinal ; la tour du Guet ; la tour de l'horloge ; le donjon (grosse tour) ; l'abside de la chapelle : classement par arrêté du 9 mars 1931. Les façades et les toitures de l'ensemble du château, à l'exclusion des parties précédemment classées : classement par arrêté du 9 septembre 1993.
château de Châteaugiron 35410 Châteaugiron
Téléphone : 02 99 37 89 02

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